Lieu d’origine et appellation

Dans l’appréciation de la qualité globale et de la valeur relative d’une huile d’olive, on tend souvent à donner une importance démesurée au lieu d’origine du produit. En effet, quel poids peut avoir la localisation d’une l’oliveraie si des facteurs comme la maturité du fruit au moment de la récolte, le temps qui s’écoule entre la cueillette et le broyage, la température à laquelle l’extraction s’effectue et les méthodes de stockage ne sont pas pris au sérieux.

Souvent, l’appellation sert d’outil de marketing pour donner de la valeur et un statut à un produit. L’importance accordée à l’origine place actuellement l’Italie au premier rang mondial des importateurs et exportateurs d’huile d’olive et encourage la pratique généralisée qui est celle d’attribuer une qualité et un statut exceptionnels à des produits qui ne le méritent pas.

La minuscule Toscane déverse un flot virtuel d’huile d’olive qui n’a d’égal que le miracle de la multiplication des pains et des poissons. Bien que cette région soit capable de produire de l’huile d’olive de grande qualité, elle favorise plutôt la commercialisation d’importants volumes de mélanges d’huiles destinés au marché de masse. La meilleure façon de comprendre la valeur relative du lieu de production d’une huile d’olive est de faire une dégustation à l’aveugle, en une seule séance, de différentes variétés provenant de nombreuses régions. Vous pourrez alors mieux saisir l’importance des facteurs qui déterminent la qualité et la valeur globales d’une huile d’olive.

L’Argentine, l’Australie, la Californie, la Grèce, l’Espagne, la Tunisie, la Turquie, la Syrie et le Maroc produisent annuellement de merveilleuses huiles d’olive. Nous croyons qu’un jour, les consommateurs découvriront les huiles encore méconnues du monde entier comme ils le font pour le café et le vin.

Nous vous conseillons de goûter au plus grand nombre possible d’huiles d’olive authentiques. Car sachez que rien ne peut remplacer votre perception sensorielle. Si vous vous faites confiance, il n’existe ni de bonne ni de mauvaise réponse quand il s’agit de préférences gustatives individuelles.